20/02/2009

INTERVIEW D'UN COMPTABLE

Salut les amis, un petit coup de pub et puis je vous laisse, lol!

Voici un petit interview de votre Webmaster dans la revue mensuelle Le Break-Event Point http://www.lebreakevenpoint.be/ :


Interview : Jean Meriemque

Atypique, le parcours de Jean Meriemque l’est certainement…  Successivement interprète, informaticien puis comptable, la carrière qu’il a mené nous a interpellé.

 

 

 

 BEP : Monsieur Meriemque, pourriez-vous nous parler de votre parcours…

 

JM : Tout d’abord, j’ai commencé des études d’ingénieur que j’ai dû, malheureusement, arrêter faute de moyens financiers suffisants. J’ai donc travaillé comme interprète au Lycée Communal de St-Josse mais, assez rapidement, j’ai senti que je voulais progresser et j’ai alors suivi des cours du soir en informatique et, deux ans plus tard, j’ai obtenu le diplôme de gradué en analyse de programmation avec distinction.  J’ai ensuite été engagé dans une société de construction mais, assez rapidement, je me suis rendu compte que les contacts humains me manquaient… J’ai alors entamé, toujours en cours du soir, un graduat en comptabilité que j’ai complété par une troisième année en expertise comptable. Cet au cours de cette année que mon professeur de comptabilité m’a demandé de devenir son employé. A peine 2 mois plus tard, il m’a fait une proposition que je ne pouvais refuser : une association avec un autre de ses anciens étudiants, d’origine Turque, pour créer la première fiduciaire en Belgique axée vers les commerçants d’origine étrangère.

 

BEP : Pourriez-vous nous en dire un peu plus au sujet de cette fiduciaire ?

 

JM : Le début d’activité a été particulièrement difficile. En effet, pendant 9 mois, j’ai dû vivre avec 5.000 BEF (125 €) par mois avec deux clients dont un avec un dossier très compliqué en réclamation. Le résultat de cette réclamation a été très positif et mon client, heureux de cette issue, a fait fonctionner le bouche à oreille… Ses compatriotes l’ont écouté et sont venus peu à peu chez moi : chaque semaine, j’avais 3 ou 4 nouveaux clients ! J’ai alors demandé à mon associé de quitter son travail dans un bureau d’avocats pour venir me rejoindre et nous avons engagé du personnel.

 

BEP : Quels ont été vos atouts et les difficultés que vous avez dû surmonter ?

 

JM : Tout d’abord, j’ai eu la chance d’encore habiter chez mes parents, ce qui m’a permis de débuter l’activité en me contentant d’une rémunération dérisoire. Mon plus grand atout a été le fait que j’ai le goût du contact humain et que je parle couramment français, turc, arabe, araméen, néerlandais et anglais. J’ai aussi passé de nombreuses heures à écouter mes clients afin de pouvoir leur apporter des solutions tant comptables qu’extérieures à mon métier. Cette façon de faire, bien adaptée à notre clientèle mais humainement fort éprouvante, a permis une croissance très importante de notre fiduciaire employant plusieurs personnes.

BEP : Que s’est-il ensuite passé ?

 

JM : J’ai ensuite eu une maladie assez grave et j’ai dû arrêter mon travail… Depuis peu, guéri, j’ai recommencé, à mon domicile, une activité comptable en prévoyant de me limiter à une dizaine de clients sélectionnés en fonction de critères précis. Toutefois, mes anciens clients me recontactent et, de dix, je suis déjà passé à vingt clients…

 

BEP : Comment, au vu de votre expérience, envisagez-vous la relation avec vos clients ?

 

JM : Dans le passé, j’étais fort amical avec les clients, ce qui n’est pas bon pour les affaires. Avec l’expérience, j’ai appris à ne plus m’adapter à la manière de travailler du client mais bien à lui imposer une organisation. Cette manière de faire est, à mon avis, nettement plus efficace et donc meilleure, tant pour le client que pour sa fiduciaire.

 

BEP : Quels sont les autres éléments importants dans votre métier ?

 

JM : Je placerais en tête l’ordre et la bonne organisation de notre temps de travail. En effet, nous avons la chance, ou la malchance, de travailler sur un dossier quand nous le voulons, ce qui pousse à la fainéantise ou à effectuer des tâches improductives ! En outre, les ordinateurs et les programmes que nous utilisons actuellement sont devenus nettement plus performants, ce qui libère du temps. Ainsi, le programme comptable que j’utilise, AS-Concept pour ne pas le nommer, permet d’automatiser la plupart des écritures récurrentes, ce qui rend particulièrement efficace mon travail. Le temps ainsi gagné peut être utilisé pour donner des conseils aux clients et, ainsi, encore améliorer nos services.

 

BEP : Comment voyez-vous l’évolution de votre métier ?

 

JM : L’IPCF, dont je suis membre, a beaucoup œuvré pour la reconnaissance de notre métier et cela a porté ses fruits. Ainsi, avec la nouvelle disposition au sujet du secret professionnel, nous avons acquis, aujourd’hui, une autorité similaire à celle des autres professions libérales. Cependant, tout n’est pas idyllique et la pression judiciaire devient de plus en plus grande, notamment avec les nouvelles dispositions sur le blanchiment… Et certains confrères parlent de plus en plus de se recycler dans une autre profession.

 

BEP : Quels conseils donneriez-vous à une personne qui désire se lancer dans votre métier ?

 

JM : Tout d’abord, je ne pourrais que lui conseiller ce métier qui a, à mon avis, beaucoup d’avenir. En plus d’une rémunération confortable, cette personne aura la satisfaction d’avoir un contact humain avec ses clients qui, souvent, le considèreront comme un membre de la famille. Il ne faut toutefois pas vouloir précipiter  les choses en se lançant seul  sans avoir acquis une expérience dans d’autres fiduciaires. Enfin, il faut rester intègre et avoir un caractère suffisamment fort pour pouvoir dire « non » même si la pression extérieure est forte.

 

BEP : Tout ceci est très intéressant et nous donne un éclairage instructif sur votre parcours. Nous ne pouvons que vous remercier chaleureusement pour le temps que vous nous avez consacré.

 

BEP

 


Rien d'autre à dire aujourd'hui mais je suis très content de la réaction que mon article sur "le racisme envers les wallons" a pu susciter. Merci pour le soutien de tous les inconnus et amis. Si j'ai le temps je vous publirai leurs messages.

Bisous! A demain! 

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